Le serveur que personne n'ose toucher
La machine tourne depuis huit ans. Elle a été montée par un prestataire ou par un développeur qui est parti depuis longtemps, un après-midi, en installant les paquets au fur et à mesure des besoins. Il n'existe aucune documentation, juste un mot de passe transmis de main en main et la certitude partagée qu'il vaut mieux ne rien changer.
Alors les symptômes s'accumulent. Un développeur livre une correction qui fonctionnait chez lui, elle plante en production pour une raison que personne n'explique. Le responsable technique demande de monter la version du langage, on lui répond que trois applications partagent cette machine et qu'on risque d'en casser deux. Monter un environnement de test pour valider une évolution prend une semaine, donc on ne le fait plus et on teste directement en production, le vendredi soir, en croisant les doigts.
Le vrai coût apparaît le jour où l'on parle de changer d'hébergeur, ou simplement de ce qui se passerait si la machine tombait. Personne ne sait la reconstruire à l'identique, parce que la recette n'a jamais été écrite. L'application n'est pas fragile en elle-même : c'est son installation qui n'est reproductible par personne.

















