Le planning vit dans un tableur que tout le monde modifie
Le fichier s'appelle « planning_semaine_v4_final » et il est ouvert par trois personnes en même temps. L'assistante d'exploitation ajoute un remplacement, le responsable de secteur en supprime un autre au même moment, et le lendemain personne ne sait quelle version a été envoyée aux équipes.
À côté, les vrais arbitrages se règlent par SMS. Un salarié demande à échanger son samedi, le responsable répond « ok » depuis son téléphone, et la modification n'atterrit jamais dans le fichier. Le dimanche soir, un arrêt maladie tombe : il faut reprendre la semaine ligne par ligne, appeler quatre personnes, vérifier de tête qui a déjà travaillé trop d'heures et qui possède l'habilitation exigée sur le site.
Personne ne contrôle vraiment les repos obligatoires ni les qualifications avant d'affecter quelqu'un, parce que le tableur ne sait rien de ces règles. Et les salariés découvrent leur planning trop tard, parfois la veille, ce qui alimente les contestations et les refus. Le coût n'est pas seulement du temps perdu : c'est un risque juridique et un climat social qui se dégrade.

















