La référence notée sur un carnet, ressaisie le soir
Le magasinier sort une palette, note la référence au stylo sur un carnet corné, ajoute une quantité. Le conducteur de travaux prend en photo l'étiquette d'un compresseur avec son téléphone pour s'en souvenir. Le soir, l'assistante reprend tout ça et le retape dans l'ERP ou dans un tableur Excel, parfois deux jours plus tard.
Entre les deux, la donnée se dégrade. Un 6 devient un 8, une ligne saute, une référence est lue de travers sur une étiquette abîmée. Personne ne s'en aperçoit sur le moment : l'écart apparaît des semaines après, quand le stock théorique ne correspond plus à ce qu'il y a dans l'allée, et il faut alors remonter le fil sans savoir où l'erreur est née.
Le reste suit la même pente. Le matériel prêté à une équipe ne revient pas, et personne ne sait qui l'a pris ni quand. L'inventaire annuel mobilise l'entreprise pendant deux jours, feuilles à la main, avec un contrôleur qui recompte derrière. Pendant ce temps, chaque salarié a dans sa poche un appareil capable de lire ces codes sans se tromper.

















