La mise en production du vendredi soir
Il est 18 h, le bureau se vide. Une seule personne reste : celle qui sait déployer. Elle ouvre une connexion au serveur, enchaîne des commandes qu'elle connaît par cœur, copie des fichiers, met à jour la base, vide un cache. Personne d'autre ne regarde, et personne d'autre n'oserait le faire.
Un soir, un fichier de configuration n'est pas recopié. Le site tombe. Il faut retrouver l'ancienne version, la remettre en place, vérifier que la base n'a pas bougé. Une heure de stress, parfois deux, avec le directeur qui appelle pour savoir quand ce sera rétabli.
La conséquence est plus large qu'une soirée gâchée. Comme déployer fait peur, on déploie le moins souvent possible : les correctifs urgents attendent la prochaine fenêtre, les évolutions s'entassent, et chaque mise en ligne devient un gros paquet de changements, donc plus risquée encore. Et cette personne, la seule qui sait, ne part jamais en vacances tout à fait tranquille.

















