Le lundi matin, personne ne sait qui est où
Le planning vit dans un tableur que le conducteur de travaux met à jour le dimanche soir, et sur le tableau blanc de la salle de réunion, qui dit autre chose. Lundi 7 h, les appels commencent : une équipe est partie sur le mauvais chantier, la nacelle promise à deux sites n'est que sur un seul, et un client attend des compagnons qui ne viendront pas.
Puis la pluie s'invite, ou un arrêt maladie. Le chantier extérieur est reporté, et tout l'édifice se défait : il faut rappeler chaque chef d'équipe un par un, réécrire le tableur, effacer le tableau blanc. Deux heures plus tard, une version imprimée circule encore dans une camionnette, et elle est déjà fausse.
Le coût ne se voit sur aucune facture : des journées d'équipe à moitié perdues, des engins immobilisés au mauvais endroit, des délais annoncés au client sans certitude. Et une entreprise entière qui repose sur la mémoire d'une seule personne, celle qui « a le planning dans la tête ».

















