Les heures arrivent en retard, en vrac et sans preuve
Le 2 du mois, l'assistante fait le tour des conducteurs de travaux pour récupérer les feuilles d'heures. Certaines sont complètes, d'autres tiennent sur un coin de bloc-notes, une est restée dans la boîte à gants d'un camion. Elle recopie tout dans un tableur Excel, corrige les totaux qui ne tombent pas juste, appelle deux chefs d'équipe pour comprendre une journée notée « chantier » sans nom de client.
Le fichier part ensuite au cabinet comptable, toujours en retard, souvent avec des corrections envoyées par mail après coup. Les heures supplémentaires se découvrent à ce moment-là, quand elles sont déjà faites et qu'il n'y a plus rien à arbitrer. Le DAF constate, il ne pilote pas.
Le pire arrive quand un client conteste une facture. On lui a compté trente-deux heures d'intervention, il en voit vingt-quatre. Personne ne peut produire autre chose qu'une feuille manuscrite recopiée. La discussion se termine par un geste commercial, et le même scénario se rejoue le trimestre suivant.

















